Les Prix Nobel célèbrent l’excellence en science

Article : Les Prix Nobel célèbrent l’excellence en science
Crédit: Image par Isaac Fryxelius de Pixabay
9 octobre 2023

Les Prix Nobel célèbrent l’excellence en science

Le génie seul ne suffit pas. La nationalité, l’affiliation universitaire, la persévérance, le genre et même la chance, prédestinent ta position dans la course à l’excellence scientifique. Depuis plus d’un siècle, les Prix Nobel sont synonymes d’excellence et de reconnaissance dans les domaines de la science, de la littérature et de la paix. C’est l’apothéose d’une carrière, le St-Graal, bref le summum de la star mania pour tous les scientifiques comme moi. On rêve tous secrètement de décrocher un prix Nobel. Mais, qui peut réellement prétendre au Nobel ?

L’histoire des Prix Nobel est étroitement liée à la vie d’Alfred Nobel, plus connu comme étant l’inventeur de la dynamite, il était lui-même un grand chimiste qui a fait affaire dans l’armement. Il a été pour cela, qualifié de marchand de la mort. Pour redorer son blason, il a légué la quasi-totalité de sa fortune pour des causes de paix, bénéfiques à l’humanité. Ne dit-on pas « Si vis pacem para bellum » (qui veut la paix, prépare la guerre) ? Ainsi, les Prix Nobel ont été institués comme des prix prestigieux qui ont pour but de récompenser ceux qui ont apporté une contribution exceptionnelle à l’humanité.

Alfred Nobel / Image par Isaac Fryxelius de Pixabay

Les différentes catégories des Prix Nobel

Les Prix Nobel sont décernés dans six catégories distinctes : la physique, la chimie, la physiologie ou médecine, la littérature, la paix et, depuis 1969, l’économie. Chacune de ces catégories honore des réalisations exceptionnelles dans son domaine respectif. Les lauréats sont sélectionnés par des comités de sélection composés d’experts et de spécialistes dans chaque domaine et les prix sont décernés, annuellement au cours du mois d’octobre. Lors d’une cérémonie internationale qui se déroule en Suisse, les lauréats reçoivent une médaille d’or, un diplôme et une coquette somme d’argent pour les encourager à continuer leurs travaux ; même si en réalité, ils ont le droit d’en faire ce qu’ils veulent.

Médaille du Prix Nobel / Photo de Anastacia Dvi sur Unsplash

Les critères de choix du Prix Nobel

Le prix Nobel en physiologie ou médecine par exemple, est l’une des catégories les plus prestigieuses des Prix Nobel. Les critères de sélection pour ce prix sont stricts, et les lauréats sont choisis en fonction de l’impact de leurs travaux sur la compréhension et la lutte contre les maladies. Cependant, une tendance ressort à l’étude du profil des prix Nobel depuis leur histoire. Ils appartiennent majoritairement aux universités de Columbia (US), Cambridge (UK) et Harvard (US) qui se taillent la part du lion. En termes de nationalité, la France et l’Allemagne occupent une bonne place à côté des Etats-unis et de l’Angleterre. L’âge moyen des lauréats varie de 17 à 97 ans, mais la plupart sont en milieu de carrière lorsqu’ils sont récompensés. En ce qui concerne la diversité de genre, le Prix Nobel a historiquement été dominé par les hommes. Sur 981 Nobel décernés jusqu’en 2022, il y a eu 60 femmes, 894 hommes et 27 organisations lauréats. Cependant, il y a tout de même une évolution positive au fil des années en matière d’équilibre de genre dans l’attribution des Prix Nobel.

La chinoise Tu Youyou a reçu le prix Nobel de physiologie/médecine en 2015 pour ses découvertes concernant un traitement efficace contre le paludisme. Plus récemment, en 2020, la française Emmanuelle Charpentier et l’américaine Jennifer Doudna ont reçu le prix Nobel de chimie pour leur développement de la technologie d’édition génétique CRISPR-Cas9, qui a des applications importantes en médecine et en biologie. Et cette année 2023, c’est également à une femme qu’est revenu le privilège de se voir décerner le prix Nobel de physiologie/médecine.

Emmanuelle Charpentier / Bianca Fioretti, Hallbauer & Fioretti via WikiCommons

Les « outsiders » dans l’histoire des Prix Nobel

L’histoire des Prix Nobel est ponctuée d’histoires inspirantes de scientifiques aux Nobels occultés, attribués après leur mort ou qui ont surmonté des défis considérables pour y parvenir. Un cas particulièrement notable est celui de Katalin Karikó, la scientifique hongroise qui a eu le Nobel de physiologie/médecine cette année.

Katalin Karikó / Szegedi Tudományegyetem via Wikicommons

Katalin Karikó a été renvoyée, rétrogradée, à plusieurs reprises dans sa carrière académique, parce qu’elle ne parvenait pas à dégoter des subventions conséquentes et prestigieuses pour financer ses recherches. Personne ne croyait en sa technique « révolutionnaire », mais elle a tout de même persévéré et continué dans cette voie : une « outsider » en bonne et due forme.

La pandémie de Covid-19 a été son salut, sa bouée de sauvetage, son heure de gloire. En effet, la pandémie lui aura apporté le Nobel sur un plateau. C’était l’occasion de sa vie, Karikó a pu faire valoir ses travaux en exploitant le potentiel des vaccins à ARNm contre le COVID-19. Cette histoire, nous rappelle que, la « chance », c’est quand l’opportunité rencontre la préparation.

Une belle leçon de résilience pour beaucoup de jeunes chercheurs, particulièrement africains. Comme elle, ils ne bénéficient pas de la bonne nationalité, de la bonne réputation de leurs universités/institutions d’attache, des plateaux techniques de pointe, des subventions faramineuses ou encore de l’encadrement gouvernemental pour protéger leurs recherches. Cependant, leur détermination et leur vision peuvent triompher de ces obstacles et changer le cours de l’histoire de la science.

Les Prix Nobel reflètent l’importance de la recherche scientifique dans notre monde en constante évolution et ils nous rappellent que le prochain lauréat exceptionnel pourrait être n’importe qui : toi, moi ou un « outsider » qui persiste et innove malgré les défis.

À mes collègues scientifiques :

Restez au taquet, qui sait quand viendra la « chance ». Peut-être pour bientôt, le Prix Nobel de physiologie/médecine africain. (Sans souhaiter une nouvelle pandémie bien sûr !)

Partagez

Commentaires